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CÔTE-D’IVOIRE • Petite ouverture dans l’affaire Kieffer
Quatre ans après la disparition du journaliste franco-canadien, les autorités locales autorisent l’audition de militaires impliqués dans l’affaire. Pourtant, rien ne dit que toute la lumière sera faite.
Guy-André Kieffer, quelques jours avant sa disparition en février 2004 AFP
Après avoir plusieurs fois buté contre l’incompréhension, voire le refus de collaborer des autorités judiciaires et militaires ivoiriennes, le juge français chargé de l’enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer vient d’être autorisé par le tribunal militaire d’Abidjan à auditionner deux gendarmes ivoiriens. A présent, on a envie de croire que l’Etat ne fera pas obstruction à l’enquête, qui piétinait jusque-là.
Mais pourquoi maintenant ? Tant d’eau a-t-elle coulé sous les ponts, pour que Abidjan en vienne à penser que le courant a emporté tout ce qui pourrait servir d’indice pour l’éclatement de la vérité ? Y a-t-il eu des garanties suffisantes pour l’interrogatoire des pandores ? Paris et Abidjan sont à présent dans une phase de normalisation. L’enquête
judiciaire fera-t-elle alors les frais du rapprochement franco-ivoirien ? Abidjan a-t-elle décidé de réchauffer le dossier pour édulcorer une réalité tout de même embarrassante à la fois pour elle et pour Paris ? Et, dans ce cas, à quels résultats tangibles faut-il s’attendre ? Certes, Nicolas Sarkozy avait promis à la famille Kieffer de faire toute la lumière sur l’affaire. Mais jusqu’où peut-il aller face à une affaire aux relents d’"affaire d’Etat" ?
Sarkozy a-t-il les moyens de faire ce que Chirac n’a pas osé faire, malgré sa promesse de rupture dont on peine toujours à trouver des réalisations sous les tropiques africains ? Assurément, on peut craindre que la soif de vérité de la famille Kieffer soit sacrifiée in fine sur l’autel des intérêts bien compris de Paris et d’Abidjan. Et que la vérité, pour des années encore, se fasse attendre, rien n’indiquant que ceux qui succéderont tôt ou tard à Gbagbo feront leur affaire de ce dossier.
Faut-il alors, comme Max Planck, croire que "la vérité ne triomphe jamais, ce sont ses ennemis qui finissent par mourir" ? En tout état de cause, la disparition du journaliste semble encore très loin… de livrer ses secrets.
D’autant que Simone Gbagbo, la première dame de Côte-d’Ivoire, est, selon les témoins, un des personnages centraux de cette tragique affaire.
Cheick Beldh’or Sigue
© Courrier international 2008
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Pour plus de précisions sur le personnel politique ivoirien et le peu de crédit qu’il faut leur attribuer veuillez vous reporter aux rubriques suivantes :
1) Laurent Gbagbo dans la Françafrique un exemple éclairant parmi d’autres : le recrutement comme chef de ses mercennaires de Richard Rouget, l’un des assassins présumés de Madame Dulcie September ;
2) les dessous d’ADO : dans la rubrique "les hommes de Mobutu" lire la fiche d’ADO ;
3) Les assassinats politiques : ceux de MM Balla KEÏTA et Robert GUEI ;
4) Robert Montoya.

